Apprendre en tous lieux, à tous les âges de la vie, par soi, des autres, de l'environnement, dans l'action, de et par l'expérience : une approche globale de l'éducation, de la formation et de l'acte d’apprendre. Le CMEF, comité mondial pour l’éducation et la formation tout au long de la vie (www.WCFEL.org), a pour objectif de clarifier la notion d’apprentissage tout au long de la vie pour la rendre plus opérationnelle. Au travers des notions d’action et d’expérience, chaque forme permettant d’apprendre (scolaire, stages, apprentissage en alternance, formation expérientielle, autoformation, etc.) contribue au développement des capacités individuelles et collectives. Pour relier ces formes, des mécanismes de reconnaissance et de validation sont nécessaires afin que, au cours de la vie, ces capacités puissent être utilisées au mieux de leur potentialité.
Si l’on apprend beaucoup de soi et par soi, par expérience, on apprend également des autres, particulièrement pour avoir accès au patrimoine accumulé par ceux qui nous ont précédés. De ce fait, apprendre et enseigner sont en complète interaction d’où la difficulté de maintenir un équilibre entre les deux processus.
Il ne sert à rien d’optimiser l’un des deux processus si c’est au détriment de l’autre comme le précise le théorème de Bellman
« L’optimisation d’un système passe obligatoirement par la sous optimisation de chaque sous-système ».
Trop de didactisme peut empêcher d’apprendre. Un excès d’autonomie peut bloquer l’accès aux savoirs. De même, quand l’on considère que les questions de société ne relèvent que de problèmes structuraux, en évacuant le Sujet, ou, symétriquement, que tout s’explique par le comportement individuel. L’approche par la complexité nous apprend à penser avec des « et » au lieu de se contenter de « ou ».
L'OCDE dans son analyse des politiques d'éducation (2004) pose la question de savoir si l'école prépare les élèves à apprendre tout au long de leur vie (chapitre 3):
"La formation tout au long de la vie ne signife pas simplement que lon sinstruit désormais toute sa vie durant, mais aussi que lenseignement doit préparer les jeunes à vivre en apprenant. La plupart dentre nous bénéficient désormais de la base solide que constitue le deuxième cycle secondaire, mais nombreux sont ceux qui nont pas acquis toutes les compétences nécessaires quand ils quittent lécole. Il est indispensable que les systèmes éducatifs veillent à améliorer à la fois les résultats cognitifs et les motivations des jeunes à lissue de la scolarité. A cette fin, lécole devra se transformer, faire en sorte que les enseignants soient eux-mêmes des « apprenants à vie », et devenir une organisation novatrice en suscitant des cultures de lapprentissage plus efficaces, centrées sur lélève et son point de vue. En même temps, les systèmes éducatifs devront se demander si lexpansion constante qui se traduit par lallongement de léducation initiale est la meilleure voie daccès à la formation tout au long de la vie, ou si elle ne revient pas à faire de lapprentissage une démarche « tout dune pièce », concentrée sur une courte période de la vie."
http://www.oecd.org/document/52/0,2340,fr_2649_37455_34995956_1_1_1_37455,00.html
Beaucoup reste à faire pour que l'envie d'apprendre persiste après le passage par le système éducatif : le développement de l'autoformation est l'un des moyens pour atteindre cet objectif.
Les espoirs mis dans l'e-learning pour améliorer l'accès à la formation ont du mal à se concrétiser comme le constate l'OCDE dans deux de ses dernières publications :
- La cyberformation dans lenseignement supérieur : état des lieux
...Après léclatement de la bulle technologique en 2000, cependant, lenthousiasme autour de la cyberformation a dans une certaine mesure laissé la place au scepticisme. La cyberformation dans lenseignement supérieur : état des lieux présente une analyse qualitative et quantitative de 19 études de cas menées dans 13 pays sous la houlette du Centre pour la recherche et linnovation dans lenseignement (CERI) de lOCDE (www.oecd.org) et de lObservatory on Borderless Higher Education (OBHE), basé au Royaume‑Uni.
- Analyse des politiques déducation
...Le recours croissant aux technologies de linformation et de la communication (TIC) dans les établissements scolaires a modifié les modes traditionnels dapprentissage, contribuant à accroître lintérêt des élèves et à gommer certaines inégalités dues à un manque dinformation. Mais des obstacles empêchant la parfaite intégration des TIC demeurent, aussi bien au niveau des enseignants, qui doivent savoir utiliser ces technologies, quau niveau du temps et des ressources dont on peut disposer pour les intégrer dans lenvironnement scolaire.
Si les pays nordiques posent les TIC comme l'instrument idéal de
la formation tout au long de la vie car ces technologies permettent de donner le goût d'apprendre, beaucoup reste à faire pour transformer les potentialités des TIC dans des situations éducatives plus performantes, d'autant que ces performances sont difficiles à évaluer. http://www.oecd.org/dataoecd/13/63/34995646.pdf
Voir également l'interview réalisé sur ce sujet par Pierre Berger http://www.asti.asso.fr/pages/Hebdo/sh56/sh56.htm
Le droit individuel à la formation (DIF) est une nouvelle opportunité pour apprendre de sa propre initiative. Un nouveau portail aide à déchiffrer les arcanes de la nouvelle loi : http://www.droit-individuel-formation.fr/
Pour en tirer profit, à titre personnel, un approfondissement de la notion d'autoformation apportera des références utiles pour construire son parcours de formation. Le site de l'association du groupe de recherche sur l'autoformation donne accès aux travaux de recherche sur cette notion http://membres.lycos.fr/autograf/
Cependant, il ne faudrait pas que ce nouveau droit du salarié amène les responsables de la gestion des ressources humaines à se défausser sur les personnes de leur devoir de maintenir, à titre collectif, un bon niveau de compétence dans les entreprises et les organisations.
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