Mercredi 13 avril 2005

L'école joue un rôle irremplaçable par sa capacité à offrir au plus grand nombre la possibilité d'avoir une formation initiale. On constate cependant que tous les élèves n'y réussissent pas également. Que faire face à ses jeunes qui rejettent l'école ?

Dans son ouvrage, D. Glasman analyse la question du décrochage et montre aussi les difficultés d'accompagner ses jeunes qui, sans expérience professionnelle, ont peu de chance de profiter des différents modes d'apprentissages proposés aux adultes. Il propose comme solution de prévenir plutôt que guérir en intervenant le plus en amont des décrochages. Son point de vue reste cependant celui d’un éducateur qui cherche à intervenir (assister ?) auprès des jeunes sans se poser la question de leur capacité à se prendre aussi plus en charge (l’autoformation n’est même pas évoquée).

Cette réflexion est à mettre en parallèle avec l’étude de l’OCDE, faites dans 17 pays, sur l’apprentissage des adultes.

Entretien avec D. Glasman

Extrait :

« BD- D'autres dispositifs en marge du système scolaire (jeunes 16 25 ans, MFR, VAE) posent la question de savoir si c'est dans l'école ou hors de l'école que l'on peut trouver des recours.

Comme les processus de déscolarisation sont multiples et divers, il n'y a pas une réponse, mais des réponses possibles en fonction de situations différentes, de divers parcours de déscolarisation. Une partie des élèves peut tout à fait relever d'une rescolarisation à l'intérieur même du système scolaire. Pour autant que l'on parvienne à lever un certain nombre d'obstacles plus décisifs qui ont fait qu'ils ne pouvaient pas y rester : concernant l'aide au travail, le sens accordé au travail, l'avenir espéré de cet investissement. Un certain nombre d'établissements font ce pari : les élèves qui ont abandonné l'école peuvent la reprendre dans certaines conditions comme l'organisation de l'établissement, l'organisation des apprentissages, la nature des relations avec les adultes, la régulation des conflits etc.

Une autre façon de faire, c'est de récupérer les élèves, mais en marge. En marge de l'école pour un temps plus ou moins long avec l'idée que dans ces dispositifs en marge, intégrant plus ou moins de la formation professionnelle ou pré professionnelle, on va les remettre dans une dynamique d'apprentissage et leur montrer qu'ils sont capables de faire quelque chose. éventuellement on va rompre avec la forme scolaire, considérant qu'elle ne leur convient pas, qu'elle n'a pas de sens pour eux, qu'elle ne leur permet pas de trouver du sens. Il est très possible qu'il y ait des élèves auxquels cela réussit bien, comme dans les « écoles de production » par exemple. Ce sont des dispositifs qui permettent aux élèves de se retrouver dans des dynamiques d'apprentissage. Ce qui peut avoir un sens dans le contexte allemand n'a pas forcément le même sens dans le contexte français. Le système dual à l'allemande, mais également la division sociale du travail en Allemagne s'appuie sur une moins grande différence entre le haut et le bas de l'échelle sociale, entre les cadres et les ouvriers des entreprises de ce pays que dans les entreprises françaises. Réintroduire les élèves dans les apprentissages par l'apprentissage par la production en Allemagne s'inscrit dans un contexte dans lequel finalement une partie des élèves, y compris des classes moyennes, apprennent aussi, dans le système scolaire, par la production. Au fond le système dual, qui n'est pas aussi égalitaire qu'on peut le croire, existe et ne dévalorise pas l'enseignement technique. Ce qui fait que, faire passer des élèves déscolarisés dans des écoles de production, ça a un sens qui n'est pas celui d'une carte de moindre valeur. Dans le contexte français où le système social est beaucoup plus hiérarchisé, dans lequel les différences sociales entre les cadres et les ouvriers sont beaucoup plus fortes sur le plan des salaires, vouloir récupérer des déscolarisés par une formation professionnelle c'est d'une certaine manière leur dire : vous serez des ouvriers, mais « que » des ouvriers. Alors même que du strict point de vue de l'apprentissage c'est peut-être pertinent de les faire rentrer dans la compréhension du monde par des choses qui leur paraissent plus tangibles, plus concrètes. Cela ne me choque pas qu'on dise qu'un certain nombre de jeune puissent se poser des questions à partir de vrais problèmes à résoudre. Ce qu'a fait Bertrand Schwartz dans le cadre du programme « moderniser sans exclure », c'est amener des jeunes dans qualification à se poser des problèmes mathématiques à partir de problèmes extrêmement pratiques. Cela suppose de savoir où on veut les amener, et cela suppose en particulier d'être très conscient de la nécessité de ne pas les maintenir, les enfermer dans les problèmes pratiques, mais d'en faire seulement des points de départs pour aller vers autre chose. Dans les dispositifs plus scolaires dont je parlais tout à l'heure, il arrive que les élèves, pour une partie du temps rompent avec la forme scolaire. Il ne sont pas en classe, il sont dans des groupes constitués autrement, par thématique, par projet etc. et ils sont dans des apprentissages qui ne requièrent pas de pré requis, donc on ne suppose pas qu'ils aient des lacunes, puisque tout le monde est au même niveau. On les inscrit aussi à travers ces apprentissages dans une dynamique dont on constate après qu'elle peut aussi servir les apprentissages dans des disciplines plus classiquement scolaires.

Après ces deux réponses classiques, venons en à la VAE, pour ce qui concerne la validation des acquis de l'expérience, il faut qu'il y ait de l'expérience. Or une partie des déscolarisés n'arrivent même pas à acquérir un minimum d'expérience, parce que déscolarisés et parce que porteurs ou pas de diplôme, il n'arrivent pas à trouver une inscription professionnelle, sauf quand la déscolarisation est liée à leur occupation d'un travail, soit dans le milieu familial soit dans l'entourage (il y en a dans les études qui ont été faites). Certains élèves n'allaient plus à l'école, car ils se construisaient davantage dans l'occupation d'un emploi à l'intérieur de l'exploitation familiale, au sens élargi, qu'ils ne trouvaient de place à l'intérieur de l'école. Donc ils devenaient commerçants, par exemple trans-frontaliers pour certains jeunes issus de l'immigration, commerçants sur les marchés, artisans. Au fond ces jeunes peuvent acquérir une expérience, mais ce n'est pas forcément une expérience qui va être très valorisable au moment où on parle des VAE. Ce n'est pas très aisé. La VAE, je ne suis pas sûr que l'on puisse en espérer beaucoup pour ces élèves. Parfois on a dit, au fond, ce qu'il faudrait pour ces élèves qui décrochent dans leur jeune âge, il faudrait qu'ils puissent revenir à la scolarité plus tard et donc leur favoriser l'accès à la formation des adultes. C'est une réflexion qui est plus logique que sociologique. Logique, parce que ce qu'on ne peut pas avoir à un moment, on peut l'avoir à d'autres, la vie n'est pas terminée à quinze ans. Pas forcément sociologique, dans la mesure où l'on s'aperçoit que les gens qui demandent le plus et bénéficient le plus de tous les dispositifs de formation continuée, sont les gens qui sont déjà diplômés et qui ont déjà la conscience de la valeur des diplômes, mais qui aussi sont intéressés par une diversification des apprentissages et qui ont suffisamment confiance en eux pour oser se lancer dans des apprentissages nouveaux. Et cela caractérise plus les diplômés que les non diplômés. La formation « pour après » ce n'est pas une solution concernant les déscolarisés. Si on ne peut pas tellement compter sur la VAE, par manque d'expérience, et si on ne peut pas tellement compter sur la formation continuée, soit par ce qu'on ne sait pas comment le demander soit parce qu'on ne parvient pas à l'obtenir, ou bien on les laisse dans leur situation de non diplomation à un moment ou on considère que c'est un enjeu et on trouve le moyen de les récupérer. D'où l'idée de les récupérer soit dans des systèmes tels que ceux évoqués précédemment, en vue de leur faire passer diplôme général, soit dans des systèmes qui leur permettent d'aller vers une formation professionnelle pour avoir un diplôme et un métier. Ces études montrent que ce n'est pas parce que les gens ont décroché de l'école que, fatalement, il faut penser formation professionnelle courte et travail ensuite. Pour toute une partie d'entre eux, cela n'a aucun sens et ils n'accrocheront pas davantage une formation professionnelle qu'autre chose. Pour un certain nombre d'autres cela peut avoir un sens. Soit parce qu'ils voient alors plus le bout de la formation (quand ça se termine et où ça va). Ca peut aussi avoir du sens parce qu'ils peuvent par là voir à quoi peuvent servir les apprentissages qui auparavant leur paraissaient abstraits et déconnectés de tout intérêt. Des projets comme ceux de Bertrand Schwartz sont très possibles à condition d'avoir pris les mesures pédagogiques pour le faire, ce qui n'est pas évident. Pour certains élèves cela peut être la bonne voie, mais pas pour tous. C'est à cette vigilance que nous appellent tous ces travaux de recherche. Le problème pour ces élèves décrocheurs c'est qu'ils ne trouvent pas les moyens ni les appuis à l'intérieur de l'école, pas les repères, leur famille n'est pas en mesure compte tenu de son capital économique et culturel de les appuyer et donc les processus s'enclenchent. »

La déscolarisation, sous la direction de Dominique Glasman et Françoise Ouvrard, LA DISPUTE éditeurs, 360 pages, Sept 2004
http://www.groupeclaris.com/article.php3?id_article=91
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Mardi 12 avril 2005

 

Les relations entre les apprentissages formels et non formels sont au cœur des stratégies pour la formation tout au long de la vie d’après les 15 auteurs de l’ouvrage, sous la direction de D. Colardyn : Lifelong learning  which ways forward ? (Lemma, Utrecht, 2002). Trois chapitres sont consacrés aux avancées et en particulier, aux ouvertures des dispositifs éducatifs formels; aux innovations qui promeuvent les apprentissages non formels, liées à l’expérience professionnelle, sociale, culturelle, familiale ; et enfin, aux implications politiques pour nos sociétés de relations fortes entre les apprentissages formels et non formels. Cette approche transversale est illustrée par de nombreux exemples dans les pays européens et les pays en transition.

 

Ce livre est un plaidoyer pour un meilleur accès à l’éducation pour tous tout au long de la vie. Il s’inscrit dans la volonté des états de la communauté de favoriser le développement des compétences des citoyens pour conforter la compétitivité de ces états au niveau international ce qui explique que les apprentissages « informels » ne soit pas vraiment abordés.

 

Cf. également dans ce carnet l'article "Bournazel A. L’éducation tout au long de la vie"

 

Quelques dates :

OCDE 1977-recurrent education/éducation permanente ; éducation de la seconde chance

1996 : Année de l’éducation tout au long de la vie

            Commission Européenne : Teaching and learning : towards the learning society

            UNESCO : Lifelong learning for all

Entre 1977 et 1996, on peut constater quatre changements : passage de l’éducation à l’apprendre ; apprendre n’est plus réservé à la période de l’enfance et de l’adolescence mais s’étend à l’âge adulte ; on peut apprendre en toute situation y compris hors du système éducatif ; la reconnaissance d’un apprentissage se formule aussi en termes de compétences et non plus seulement par l’obtention d’un diplôme.

 

Développement personnel

Être citoyen

Formation générale initiale

Lire, écrire, calculer

Développement professionnel

Être compétent

Formation professionnel

Préparation à un métier

Formation tout au long de la vie pour participer à la vie sociale et économique - Source : D. Colardyn

 

Le point de vue (valable pour les pays du Nord) s’est élargie au-delà de l’éducation et de la formation en tenant compte de ce que l’on apprend en situation et qui concours aussi au développement de la personne. Cependant, suivant les pays, le poids de chacun de ces secteurs et les relations entre eux varient significativement. Mais la tendance est encore de considérer la formation initiale comme la seule qui soit formelle, du fait de sa prise en charge institutionnelle, et de caractériser les autres formes d’apprentissages, négativement, comme non formelles ou informelles. Ce mode de classement révèle surtout l’incompétence des experts de l’éducation à identifier les situations d’apprentissages hors l’institution scolaire.

 

La conséquence est la nécessité de rendre plus visibles et plus transférables toutes les formes d’apprentissages (par expérience, sur le tas, etc.), comme, par exemple, par la constitution de portfolio ou par les procédures de validation des acquis de l’expérience. C’est aussi reconnaître que l’apprenant à sa part de responsabilité dans l’organisation de sa formation et peut, par autoformation, améliorer ses performances d’apprentissages mais aussi ses capacités à être un citoyen à part entière (prise de distance, sens critique). On peut remarquer qu’aucune institution ne se charge de donner une vision d’ensemble de ces quatre secteurs comme, par exemple, en fournissant une cartographie de l’offre globale locale de formation et des partenaires pouvant accompagner une volonté d’apprendre. Seule, l’offre de formation institutionnalisée est répertoriée ce qui ne veut pas dire qu’elle soit toujours très lisible.

 

Le programme européen  « éducation & Formation 20010 »

2.2 Faire de l’apprentissage tout au long de la vie une réalité concrète

2.2.1 Mettre en place des stratégies globales, cohérentes et concertées

Les nouveaux besoins en matière d’éducation et de formation tout au long de la vie

exigent des réformes radicales et la mise en œuvre de stratégies nationales véritablement

globales, cohérentes et concertées, elles-mêmes en phase avec le contexte européen. La

Commission rappelle les orientations très précises à cet égard définies dans sa

Communication de novembre 2001 et dans la résolution du Conseil (Education) de juin

2002. Au plus tard en 2005, tous les pays devraient avoir défini une telle stratégie

en impliquant tous les partenaires concernés, et un plan d’action cohérent pour sa

mise en œuvre portant sur toutes les dimensions des systèmes (formels et non

formels).

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Vendredi 8 avril 2005

 

Alors que se pose la question de la formation tout au long de la vie, un retour en arrière s’impose. En effet, Abraham Pain était un des rares auteurs à avoir aborder la problématique de l’éducation informelle il y a déjà quinze ans (Pain. A, éducation informelle : les effets formateurs du quotidien, L’Harmattan, 1990).

Quelques extraits : 

« En termes de politiques et de stratégies, accepter l’éducation comme un processus permanent suppose que l’on accorde à l’éducation des adultes la même priorité –quantitative et qualitative- qu’à l’éducation des adolescents… L’impossibilité de prévoir le développement d’évènements futurs … conduit à assumer l’aléatoire comme une situation inévitable. L’éducation apparaît comme un instrument efficace pour développer les compétences des individus afin qu’ils puissent improviser… » (éducation informelle, page39)

« Ce qui apparaît comme nouveau dans la conceptualisation de l’éducation permanente est sa volonté d’analyser tous les aspects : le temps ‘la vie de l’individu), les moyens (reconnaissance d’autres vecteurs éducatifs à côté de l’école) et la référence explicite à un modèle de société. » (éducation informelle, page53)

 

Apprentissage occasionnel ‘sans communication organisée)

Apprentissage dans le cadre familial et social

Communication organisée en vue de l’apprentissage

 

Auto-instruction

Enseignement

Éducation des adultes

 

Institutionnel

Non Institutionnel

Éducation spéciale

Communication non organisée en vue de l’apprentissage

Dans la Classification Internationale Type de l’éducation (en trait plein le noyau fort de l’éducation), l’auto-instruction, l’apprentissage occasionnel et l’apprentissage dans le cadre familial et social en sont exclus … les activités non scolaires forment un ensemble confus qu’il est impossible de décrire simplement ou de soumettre à l’analyse ou à l’évaluation quantitative requises pour une planification méthodique » (éducation informelle, page123)

(Si l’on perd, la nuit, un objet dans la rue, le réflexe est de chercher dans les zones éclairées par les réverbères !)

Cf Article du 7/3/2005 L’éducation non formelle (ce livre ne traitait de l’éducation informelle) Les limites de cette classification de l’éducation sont abordées dans cette article.

« Dans l’éducation informelle, la définition de l’élève sort du carcan administratif pour s’identifier à une action concrète d’interrogation et dialogue que n’importe quel individu peut entamer à partir de sa vie quotidienne pour aller jusqu’au programmes formalisés d’enseignement. Il devient alors un « apprenant » dans le sens fort du terme. » (éducation informelle, page175)

« Nous retenons comme des atouts principaux de l’autoformation : l’attitude active et prédominante de celui qui apprend ; l’approche de l’apprentissage comme une recherche personnelle ; la relation étroite entre savoir et action ; une approche compréhensive qui n’exclut aucun moyen de formation ;l’intégration de la formation à l’action quotidienne de l’individu ; le résultat de la formation en tant qu’action concrète par opposition aux diplômes. » (éducation informelle, page179)

Le titre dernier chapitre : Mettre en œuvre une approche globale de l’éducation, esquisse des propositions toujours d’actualité.

par Pierre Landry publié dans : apprendretoujours
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Jeudi 7 avril 2005

Oui on peut apprendre à l’école mais pas à n’importe quelles conditions :

Ainsi, André Giordan précise dans son livre Apprendre ! :

« Les conceptions de l’apprenant, un point de départ

… Avant d’entamer un cours, quelques questions s’imposent, pour dresser une sorte d’état des lieux du public : Qu’est-ce que les élèves ont envie d’apprendre sur le sujet ? Qu’est-ce qui les préoccupe ? Qu’ont-ils déjà en tête ? Comment se représentent-ils le phénomène ou la question ? Sur quoi puis-je m’appuyer pour les faire avancer ? (Apprendre ! page30) »

 

« Une avancée dans l’apprendre n’est pas seulement le fait de l’individu comme le martèlent les constructivistes, ou dans l’environnement, comme le suggèrent les behaviouristes. Elle résulte d’une émergence née de l’interaction des deux. Nouveau paradoxe : l’individu ne peut élaborer que par lui-même, mais en s’appuyant sur l’expérience des autres. Dans le même temps, l’apprenant n’élabore pas seulement un savoir : il détermine son propre processus d’apprentissage. Ce n’est que lorsqu’une connaissance revêt pour lui un sens qu’il se l’approprie et fait évoluer son système de représentation. (Apprendre ! page 197) » Les tenants de l’autoformation sont en complet accord avec cette affirmation.

 

Le livre Apprendre ! permet de mieux comprendre pourquoi enseigner n’est pas apprendre et qu’il ne suffit pas d’informer pour que les apprenants apprennent. Pour A. Giordan, apprendre, c’est se questionner, se confronter à la réalité, se confronter aux autres, s’exprimer, argumenter, mettre en réseaux, enrichir l’expérience … sans garantie contre les obstacles.

Pour en savoir plus (source Café pédagogique):
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/idd/giordan.php

A. Giordan, Apprendre ! Belin, 1998
A. Giordan, Qu’apprendre à nos enfants ? Delagrave, 2002

Pour en savoir plus sur André Giordan et le LDES
- sur les conceptions des élèves et leur exploitation en classe
A. Giordan et G. De Vecchi, Les origines du savoir , Delachaux, Neuchatel, 1987
G. De Vecchi et A. Giordan, L’enseignement scientifique, comment faire pour que "ça marche"? , Z'éditions, 1988
A. Giordan, J et F Guichard, Des idées pour apprendre, Z'éditions, 1997

- sur l’éducation des plus jeunes
ML. Cantor et A. Giordan, Les sciences à l’école maternelle, Z'éditions, 1997
A. Giordan, Une didactique pour les sciences expérimentales, Belin, 1999.

- sur l’éducation à l’environnement
A. Giordan et S. Souchon, Une éducation pour l’environnement , Z'éditions, 1991
A. Giordan et Jacqueline Denis-Lempereur (coord.), Douze questions d’actualité sur l’environnement, Z'éditions, 1996

- sur l'évaluation des enseignement s et des activités
A. Giordan, C. Souchon et M. Cantor, Evaluer pour innover, Z’Editions, 1994

- Pour la formation de vos étudiants
M. Febvre et A. Giordan, Maîtriser l’information scientifique et médicale, Delachaux, 1990
M. Febvre et A. Giordan, Maîtriser les méthodes de travail , Delachaux, 1994

- Pour ce qui se lancent dans des recherches didactiques
A. Giordan et Y. Girault, Les aspects qualitatifs de l’enseignement des sciences dans les pays francophones, UNESCO, 1994
A. Giordan et Y. Girault (éd), New learning models, Z'éditions, 1996
P. Rasse, A. Giordan, Y. Girault, La communication scientifique d’entreprise, Z'éditions, 1994
A. Giordan, JL. Martinand et D. Raichvarg (éd), technologies/Technologies, Actes JIES 21, A. Giordan, JL. Martinand et D. Raichvarg, 1999
A. Giordan, JL. Martinand et D. Raichvarg (éd), L’éducation aux risques, A. Giordan, JL. Martinand et D. Raichvarg, 2000

- Pour une autre approche de la vulgarisation
A. Giordan, Comme un poisson rouge dans l’homme, Payot, 1995
A. Giordan, Le corps humain, la première merveille du monde, Lattès, 1999.

et le site LDES : http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/giordan/LDES/index.html

 

par Pierre Landry publié dans : apprendretoujours
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Lundi 4 avril 2005

 

La généralisation de l’emploi des écrans informatiques dans les entreprises puis l’usage de plus en plus fréquent d’internet pour la recherche d’information a pour conséquence d’avoir accès à la compétence de lecture sous peine d’être exclus.

 

Les difficultés des adultes face à l’écrit, INSEE, Avril 2004

 

Or près de 5 millions des personnes vivant en France, principalement des adultes, sont en difficultés face à un texte alors que seulement 1% sont en contact avec l’ANLCI (Agence nationale de lutte contre l’illettrisme) comme le déclarait au Figaro du 24/04/2004 sa directrice (Cf. article).

 

L’école à elle seule ne peut apporter un remède à cette question. D’autant que « L’idéologie pédagogique normale est de croire que l’élève apprend ce que le maître lui enseigne. L’expérience de Jacotot permet, elle, de penser que le processus d’apprentissage n’est pas un processus de remplacement de l’ignorance de l’élève par le savoir du maître, mais de développement du savoir de l’élève lui-même. Il y a d’abord un travail autonome de l’intelligence, et ce travail va de savoir à savoir et non d’ignorance à savoir. » "Le_maître_ignorant-Une_aventure_intellectuelle"

 

Les entreprises, les communes et les particuliers peuvent se mobiliser avec profit sur cette « cause ».

 

Ainsi, l’association « Lire et faire lire » fait intervenir plus de 5000 retraités bénévoles dans des écoles pour accompagner les élèves dans leur découverte de la lecture. Mais une telle initiative, peu coûteuse, peut-elle perdurer si elle n’est pas relayée par une volonté politique (le site de l’association n’est plus mis à jour depuis avril 2004).

 

Au niveau des communes, l’exemple nous vient de Suède.

"« Tant qu'on croira que c'est seulement l'école qui ré­sout les difficultés de lecture, on n'arrivera à rien », déclare Patrick Werquin, de la direc­tion de l'éducation à l'OCDE. Selon lui, la clé du miracle nor­dique réside principalement dans la formation des adultes, « correctement financée, idéa­lement décentralisée ».

         « Chaque commune a l'obliga­tion d'organiser des pro­grammes contre l'illettrisme », précise Suzanne Mehrens, de l'Agence nationale pour l'éduca­tion à Stockholm. Adultes, sué­dois comme immigrés, y suivent des cours gratuits et adaptés. Outre cette prescription légale et très ciblée, la bonne pratique de la lecture s'explique par une combinaison de microfacteurs. Venus dans un « folk high school » (académie populaire) pour un cours de poterie par exemple, les Suédois y seront sollicités pour participer au club de lecture. Ils sont également plus d'un tiers à fréquenter ré­gulièrement des cours du soir dans des matières très variées. Autant d'opportunités de prati­quer l'écrit.

         D'autres occasions relèvent parfois du hasard : le doublage des programmes de télévision étant souvent trop onéreux, les sous-titrages sont systéma­tiques en Suède. La moindre série télévisée étrangère de­vient donc un exercice de lec­ture… 90 % des Suédois lisent un quotidien. Ces exemples, apparemment anodins, n'expliquent certainement pas à eux seuls la réus­site suédoise, mais ils y contri­buent."
par Pierre Landry publié dans : apprendretoujours
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